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LA VOIE DIRECTE ET LA VOIE INDIRECTE

Voie directe et voie indirecte


La vérité, la vie, l'unité, l'amour, qui sont en fait une seule et même "chose", sont déjà là en chacun de nous, maintenant et ici, depuis toujours et éternellement. De ce fait, nous pourrions dire qu'il n'y-a rien à atteindre, pas de voie, aucun cheminement, tout est là dans l'instant présent. S'il nous est possible de nous ouvrir totalement, sans peur et d'accueillir la vie toute entière, telle qu'elle se présente et se manifeste à chaque instant, dans un "OUI" absolu, sans restriction, alors il n'y-a rien à faire, juste ÊTRE totalement, avec ce qui EST. Réaliser cela nous procure la paix et le bonheur que nous cherchons tous consciemment ou inconsciemment dans le monde. Nous réalisons alors l'impermanence et la vacuité de toutes choses. Réaliser la vacuité, le vide, c'est réaliser le plein, la plénitude et donc l'unité et l'amour.


L'amour est si simple, c'est la vie qui se révèle à elle même et c'est ce à quoi nous aspirons tous!

Il n'y-a, en fait, rien à faire pour cela, aucun effort, seulement s'abandonner et accueillir ce qui est.

C'est ce qu'on appelle la voie directe, même si ce n'est pas vraiment une voie.

Cependant, pour la plupart, lâcher prise est extrêmement difficile à réaliser, voire impossible!

Nous avons très peur de lâcher "ce à quoi nous tenons, ce que nous connaissons, notre petit "moi" et de sauter dans le vide!

L'inconnu nous terrorise en fait! Nous préférons nous attacher au passé et nous projeter directement dans le futur!

Alors comment pourrions nous apprendre à aimer au présent?...

En fait, c'est impossible.

L'amour est là et il se vit dans l'instant présent ou bien il n'est pas là!

Il n'y-a pas de recettes pour aimer mieux et inconditionnellement.

La clé, c'est le lâcher prise total de l'ego, de tous nos personnages,

tout ce que l'on croit être, tout ce que l'on croit savoir.

Mais l'abandon ne peut se faire par la volonté et ni par la discipline, il est ou il n'est pas.

C'est une illusion de croire aux pratiques pour mieux s'abandonner et aimer!

"L'amour" resterait alors seulement mental, et aimer ce n'est pas intellectuel!

Il n'y-a donc aucune technique pour aimer.

Aimer, c'est accepter de ne plus s'agripper à rien, de n'être plus personne,

c'est devenir humble, petit et vulnérable...

Comme le disait le grand Maître de l'hiver, Jésus: "Redevenez comme des petits enfants"!

Alors, la vie toute entière s'engouffre en nous, alors "nous entrons dans le royaume des cieux".

L'amour se suffit à lui même, tout le reste devient futile...

C'est pour cette raison, qu'il est dit, que le Bhakti yoga est le plus haut des yogas.

Ce qu'il important de comprendre, c'est que l'unité ou la plénitude de l'être, ne sont pas quelque chose à atteindre dans le futur.

Nous sommes l'unité ici et maintenant ou jamais!


Les pratique spirituelles existent parce qu'il nous est impossible de nous abandonner à la vie,

si nous le pouvions, nous n'en aurions pas besoin!

Toutes les pratiques yogiques nous aident à diriger notre conscience dans le présent.

Les techniques de yoga codifiées permettent, étapes après étapes, d'enlever les voiles de l'ignorance du passé et du futur.

Ces voiles se manifestent sous forme d'obstacles, de peurs, de "carapaces protectrices", de pensées conditionnées, de désirs, d'attachements, d'émotions limitantes et réactionnelles.

La voie codifiée du yoga et selon la tradition Satyananda, se pratique comme suit:


1- Le hatha yoga, ou yoga de l'énergie.

2- Le Raja yoga, ou yoga de la concentration et de la méditation.

3-Le Jnana yoga, ou yoga de la connaissance de soi.

4- Le Bhakti yoga, ou yoga de l'amour ou de l'unité.


Swami Niranjanananda, dit que le Bhakti yoga est la voie de l'émotionnel.

Ce qu'il faut comprendre ici, c'est que nous sommes capable alors d' accueillir pleinement toutes nos réactions émotionnelles et d'en prendre soin, d'aimer ce qui et là, de se pardonner à soi même, de pardonner aux autres, d'avoir de la gratitude pour ce que nous donne la vie...

Ceci est simple, mais ce n'est pas facile du tout à vivre, c'est la plus haute Sadhana!

C'est à ce niveau que nous disons "OUI" inconditionnellement à tout ce que nous sommes.

La vie telle qu'elle se manifeste en nous et autour de nous, n'est plus ni bonne ni mauvaise, elle est ce qu'elle est, au delà de tous nos jugements et limitations mentales.

Avec la pratique codifiée du yoga, nous accédons d'un seul coup à la vérité...

Lorsque le "Qui suis-je? du Jnana yoga se révèle à lui même, du même coup nous réalisons l'unité et baignons dans l'amour et le bonheur originel.



Pour terminer ce texte, voici une petite histoire Zen, que j'aime beaucoup:

Un jour, un Maître Zen dit à ses disciples:

"Vous vous égarez dans la quête du bonheur! Examinez vous, vous même...

Ceux qui reconnaîtront leur sagesse originelle composeront un poème.

Celui qui aura saisi l'essence de mon enseignement recevra la transmission du kesa et du Dharma".

( C'est à dire qu'il deviendra maître à son tour et pourra transmettre les enseignements du Bouddha.)

A cette demande, seul le premier disciple du Maître répondit en écrivant ce poème:

" Mon corps est l'arbre de l'éveil, mon esprit est comme un miroir clair, à chaque instant je m'efforce de le faire briller afin de ne pas laisser la poussière le recouvrir."

(Cela signifie que le corps, dans la posture de méditation, est comme un arbre enraciné, droit et immobile et que l'esprit devient comme un miroir clair. Ce miroir continue de refléter des poussières, pensées, désirs, attachements, apparaissant sans cesse.. La pratique, pour ce disciple, consiste à éliminer la poussière du miroir.)


Pourtant le maître ne transmit pas le kesa, ni le Dharma à son disciple.

Entre temps, le jeune cuisinier du temple, qui avait entendu parler du poème se dit:

"Ceci n'est pas du tout l'enseignement de notre Maître"!

Comme il était illettré, il demanda à quelqu'un d'écrire ce poème:

"Dans la vacuité, il n'y-a pas d'arbre d'éveil, ni de miroir clair, la nature de Bouddha est immaculée.

Où y trouverait-on de la poussière"?

Le Maître transmit alors le kesa et le Dharma au jeune moine/cuisinier, qui devint son successeur.


Réaliser le vide essentiel, nous permet d'accueillir la danse de la vie, tous les phénomènes, tout ce qui va et vient, tout ce qui surgit dans notre conscience.

On s'aperçoit alors que les pensées, les désirs, les attachements,

les réactions sont aussi inconsistants que les nuages dans le ciel.

Alors, nous sommes libres... Il est alors inutile de se débarrasser de la poussière.


La voie directe et la voie indirecte ne sont pas opposées, elles sont complémentaires.

Sur la voie indirecte, il existe les pratique codifiées.

Sur la voie directe, c'est l'accueil à chaque instant, qui se suffit à lui même.


OM TAT SAT!

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