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LE CHEMIN EST LE BUT


Tant que nous avons un but, nous cherchons à nous améliorer, à nous changer, à nous guérir, à devenir meilleurs que ce que nous sommes.

Nous apprenons différentes pratiques "spirituelles". Nous purifions nos chakras, nos tattwas, nos koshas, nos nadis, notre passé, nos mémoires antérieures... Etc

Progressivement, nous pensons que notre "moi" devient pur et nous l’espérons, au bout du chemin...Éveillé.

Le danger qui nous guette, est de nous enfermer dans un nouveau personnage et de passer à coté de la vérité. Nous pensons nous libérer de l'ego, mais en vérité nous lui plaquons une image de sagesse. Nous avons si peur de découvrir, au final, ce que nous sommes vraiment!

Nous ne décollons pas de l’identification, nous demeurons dans un « je suis » suivi de qualificatifs.

Aprés des années de pratiques, nous aurons étouffé tout notre naturel et serons parvenus au comble de l’identification sans en avoir conscience. Nous sommes tellement accroché à notre image spirituelle, car sans elle, que serions-nous ?

Dans toutes ces tentatives, nous favorisons le contrôle: celui du corps, celui des énergies et des émotions, celui de la pensée. Nous nous imaginons devenir un être paisible grâce aux pratiques qui permettent d’atteindre l’illumination, nous cherchons à faire taire toutes émotions susceptibles de mettre en branle cette recherche de paix, elles ne sont pas à la hauteur de la tranquillité que nous prétendons devenir. Nous intervenons, car nous sommes intimement persuadés que notre intervention sera bénéfique, et que grâce à elle, nous aurons le silence intérieur.

Cependant, sans nous en apercevoir, nous disons silence à ce qui EST.

En imposant le silence à nos émotions, à notre révolte, notre colère, nos insatisfactions, nos sautes d’humeurs, notre ras le bol de ce dressage dans lequel nous ne respirons plus, nous surimposons un autre schéma, nous construisons une image de plus concernant ce que nous devrions être, un masque, une apparence. Car nous croyons savoir fermement ce que nous devrions être.

Et nous taisons un peu plus chaque jour ce qui se vit en nous, sans nous rendre compte que c’est peut-être de toutes, la violence la plus intransigeante envers nous-mêmes.

Qu’est-ce que nous taisons : LA VIE et ses mouvements inattendus.

Nous pouvons en être sûr, la cocotte minute bien fermée chauffe de plus en plus fort.

Enfin, selon l’heure du rendez-vous avec nous-mêmes, la cocotte minute nous explosera à la figure. Et alors que ces moments sont des réels moments de grâce, nous les prenons pour des échecs. Comme une percée en nous-mêmes, ces soi-disant échecs ont permis une brèche dans ce bloc de certitudes et de savoir!

Il suffit alors, simplement, de Voir. Voir ce qui est là et Être avec ce qui EST.

Notre regard retrouve alors son espace originel, il n’est plus collé à l’image, il voit l’image, la réaction, l'accueille. Cet élargissement est l' essentiel. Il est cette capacité de se regarder soi-même, de « se voir . Qui est là? Nous découvrons alors ces mécanismes de protection qui constitue l'égo, sans attente d’un devenir, sans désir de les améliorer, parce que non identifié à eux. Une émotion peut se manifester, la peur, le chagrin, la jalousie et nous la voyons. La percevant et la laissant s’exprimer, l’exigence nous quitte.Il ne reste plus rien, les excitations extérieures qui nous tenaient debout et nous faisaient croire que nous étions quelqu’un de bien, les enseignements aussi subtils soient-ils, nous les laissons se dissoudre dans la vacuité de la grande Présence.

Le chemin est le but et est synonyme de « l’instant présent » de ce fait l'éveil est actualisé à chaque pas posé avec Attention sur le chemin.

Nous ne pouvons atteindre notre vraie nature : la seule pensée qu’elle soit un but et qu’elle ne s’obtienne que par de grands efforts nous en éloigne, la seule pensée que nous avons à la rechercher nous en éloigne.

Il suffit de nous laisser nous rappeler ce Regard vide de jugements qui est nous-même dans ce nous sans condition, vide d’attentes de résultats, sans demande, pas même celle d’être autrement, pas même celle de nous améliorer.

Nous regarder à travers ce Regard, regarder cette fortification construite par ignorance : nous ne savions pas. Il n’y a pas de critiques à porter sur ce fait : nous ne savions pas. Ce contrôle est notre protection envers nos propres émotions sur lesquelles nous avons surimposé des idées d’inaccessibilité parce que trop de douleurs.

Le contrôle nous ramène au Regard, à cette présence inaltérable qui est nous-même.

Ainsi, il s’agira plutôt, par ce Regard, qui est Écoute et Perception, de découvrir les fabrications mentales dans lesquelles nous vivons. Nous ne sommes plus dans l’écoute pour libérer ou guérir, mais par passion, sans but à la clef. Là, nous n’ajoutons plus de nouvelle carapace, mais par cette écoute nous défaisons, à l’image d’un chantier en démolition.

Nous allons nous rendre compte dans ces temps d’Écoute - qui peuvent se présenter lors d’une pratique - que le chantier ne peut être qu’en démolition. Ces temps d’Écoute progressivement vont apparaître dans la journée.

Notre mental recherchera à nouveau par tous les moyens de se sécuriser par des certitudes qui tuent le vivant, la perception. Nous le voyons clairement : ce que le mental construit est voué tôt ou tard à disparaître. Une idée change, un point de vue en fait place à un autre, un jugement sera retourné en son contraire. Là, nous découvrons ce besoin effréné de toujours nous sécuriser par des conclusions.

Cela va devenir une sorte de passion, la passion de regarder, d’écouter sans idée, la passion de ressentir.

Nous nous installons dans le fait de regarder. Nous pourrions dire que ce qui regarde en nous est immobile sans immobilité, Présence indescriptible.

Nous ne pratiquerons plus alors dans un but particulier...Mais comme une célébration de la vie, à travers notre corps.

Chacun de ces moments sera offert à ce rappel : nous n’avons jamais été abandonné par cette Présence, elle ne nous a jamais quitté. Le lien se crée à nouveau : rien en nous n’est séparé et nous ne sommes séparé de rien.

Seul ce Regard non intentionnel, vide d’idées nous ouvre à l’ouverture ; par sa non-action volontaire, et cependant agissant par sa disponibilité libre de mobiles, ces différentes parties en nous s’abandonnent en lui. Il n’y a plus de séparation. Bernadette (sw. Dharmapriyananda)

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