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LE PERE ET MOI SOMMES UN


"Le père et moi sommes un", disait Jésus.

"Moi", identifié au fils ou à la fille, c'est à dire à l'homme ou à la femme,

se vit séparé du père, des autres et du reste du monde.

"Moi" pense que le corps, les pensées, les sentiments, les désirs et les aversions,

lui appartiennent et croit dur comme fer en "lui-même", en son existence personnelle.

Lorsque l'ego est fort, il se fait dur, compact... Enfermé sur lui-même, il souffre.

Cette souffrance, lorsqu'elle mûrit, est une véritable grâce, car elle conduira le fils vers son père.

Qui est le père?

Le père est la pure Conscience, la présence qui nous anime et anime tous les êtres.

La pure conscience n'est pas "ma" conscience de ceci ou de cela,

mais la grande Conscience qui me fait me sentir Être.

Lorsque "moi", le fils, la fille, lassé des distractions du monde, épuisé de mes fabulations intérieures,

je cesse de me projeter et de me perdre dans mes sens et les objets des sens...

Lorsque j'accomplis la métanoïa dont parlait Jésus, le retournement intérieur,

alors la pure Conscience, qui est le père en moi, se réveille.

Sortant de son sommeil, elle voit et observe le spectacle du monde sans se perdre dedans.

La conscience regarde tel un témoin neutre, l'homme, avec la danse des sensations, des pensées,

des émotions qui s'élèvent, se transforment et disparaissent, tels des nuages dans le ciel.

Une distance s'installe entre le spectateur et le spectacle.

Apparaît alors le sentiment d'être distinct de ce qui est observé.

Observant le corps/esprit, nous cessons peu à peu de nous l' approprier.

Cela, n'est pas ce que nous sommes et ce n'est pas non plus à nous.

Nous voyons clairement que l'identification au corps/esprit n'est qu'une construction mentale,

une croyance, une illusion.

Grâce à l'entraînement assidu de l'attention, l'ego se desserre peu à peu, il relâche sa saisie.

Il perd de sa solidité, il se fait plus ouvert, davantage spacieux.

Ce n'est pas encore la grande liberté, mais il y-a davantage d'espace, de paix et de légèreté intérieure.

Ayant expérimenté ce que nous ne sommes pas, il nous faut voir maintenant ce que nous sommes.

Cet observateur, qui est-il?

Ne cherchons pas la réponse intellectuellement, mais à l'aide de la subtilité de l'intuition.

Quand l'ego fond comme neige, au soleil de l'attention,

il est possible de préssentir en arrière plan, le vide silencieux sans rivage.

Lorsque le préssenti devient vécu, alors, la conscience se contemple elle même.

Le fils s'est fait transparent au père qui l'anime depuis toujours.

Nous réalisons alors, comme le disait Jésus, "le père et moi sommes un."

Le fils n'est rien sans le père, mais le père ne peut se reconnaître sans le fils.

L'éveil, c'est ne plus se perdre dans le sommeil de l'homme, identifié au fils, à l'ego.

L'éveil, c'est le retour de l'enfant prodigue, dans les bras du père.

Bernadette (sw.Dharmapriyananda)

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